On croit toujours qu’on verrait les signes

Livre : Ne le laissez pas entrerAutrice : Lisa Jewell

Personnage : AmandaÉmotion : apeurée et solidaire

Chapitre 28, page 136 : « …je me disais que non. Que c’était impossible, »

Lis pourquoi ce personnage m’a mise en colère — avant que je comprenne que c’était de la peur.

Il y a cette femme dans le roman, Amanda. Au début, je l’ai regardée sans vraiment la comprendre.

Puis, à mesure que je la découvrais, j’ai compris qui elle avait été avant lui. Et mon regard sur elle a changé. Elle avait construit sa vie, seule. Un métier qu’elle aimait, une maison à elle, une vie stable.

Et plus j’avançais dans le livre, plus j’avais envie de la secouer. De lui crier de voir ce que moi, de l’extérieur, je voyais si clairement.

Et puis je me suis arrêtée sur mon propre agacement. D’où venait-il, au juste ?

De la peur.

Parce que si ça a pu arriver à Amanda — elle, si solide, si autonome — alors cette certitude qu’on aurait forcément vu les signes devient beaucoup moins évidente.

On croit toujours qu’on les verra. Mais ça ne s’écroule jamais d’un coup. Ça glisse, tout doucement, un renoncement après l’autre, jusqu’à ce qu’un jour on ne se reconnaisse plus.

Et derrière la peur, il y a autre chose que j’ai fini par ressentir pour elle. De la solidarité. Parce qu’Amanda a encaissé, une fois, puis encore. Et il faut une force immense pour tenir debout après ça.

Alors non, je n’ai plus envie de la secouer. J’ai juste envie qu’elle retrouve la femme qu’elle était avant de commencer à douter d’elle-même.

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