Pourquoi
La naissance
Pendant cinq ans, j'ai traversé des étapes. Certaines, je les avais choisies ; d'autres, la vie me les avait imposées. À chacune d'elles, j'ai continué d'avancer.
De l'extérieur, je m'en sortais plutôt bien. À l'intérieur, chaque étape m'affaiblissait un peu plus, tant dans ma tête que dans mon corps.
Je continuais pourtant. Parce qu'il le fallait, pour ma famille et pour moi. Et parce que je ne voulais pas abandonner. Je savais que ça aurait été pire.
Mais pour tenir, j'ai pris l'habitude d'éviter les discussions profondes. Je gardais beaucoup pour moi.
En une seule journée, je pouvais passer de la joie au malheur pour une broutille. De l'optimisme au pessimisme, sans raison apparente.
Les bons moments, car il y en avait quand même, m'échappaient. Quelque chose en moi résistait.
Et quand je devais dire ce que je ressentais, ça finissait presque toujours en larmes. Je mélangeais tout, je sautais du coq à l'âne, et ce que je disais n'avait ni queue ni tête.
Mon mari a été présent à chaque étape. Et pour sa famille, il ne compte pas sa fatigue. Quand on parlait, je voyais qu'il voulait m'aider. Il était là ; il me proposait des idées. Mais je voyais aussi qu'il ne comprenait pas vraiment ce que je vivais à l'intérieur.
Comment l'aurait-il pu ? Moi-même, je m'y perdais.
Alors un soir, après avoir pleuré presque toute la journée, j'ai pris mon téléphone, ouvert l'application Notes et j'ai écrit ma première lettre. À lui. La première phrase a commencé d'elle-même par « Lis pourquoi… » et s'est terminée par un mot : « exténuée ».
Dans cette lettre, je lui parlais sans filtre. Je mettais des mots sur la façon dont je voyais ma vie — notre vie —, sur ce que je ressentais, sur les raisons pour lesquelles je n'y arrivais plus.
Pour la première fois, j'ai eu le sentiment d'être comprise, parce que l'écriture m'avait permis de prendre le temps de trouver les bons mots.
Cette lettre a été le début de tout.
J'en ai écrit une autre, puis une autre. Et de plus en plus souvent. Chaque fois qu'un moment me traversait, avec une émotion forte, qu'elle soit heureuse ou triste, une lettre naissait.
Ce n'est pas un remède miracle. Mais mettre des mots sur ce qu'on vit, ça remet de l'ordre. Ça libère.
Et ça laisse une trace : de ce qu'on vit, de ce qu'on ressent.
LisPourquoi est né de là.
— La Fondatrice
Ce en quoi LisPourquoi croit
Les moments qui comptent méritent d'être écrits.
Pas seulement les grands jours. Mais aussi un fou rire à table, une phrase d'enfant, une nuit sans sommeil, un silence dans la voiture.
Une lettre peut parler des moments drôles comme des moments lourds, parce que la vie est faite des deux.
Mettre des mots sur ce qu'on ressent, c'est déjà un peu se comprendre. Une émotion qu'on nomme devient quelque chose qu'on peut regarder, relire et parfois laisser derrière soi.
Une lettre est une trace. Pour la personne à qui on l'écrit, pour celle qu'on était ce jour-là, et parfois pour ceux qui viendront après. Ce sont des mots que tu pourras relire dans dix ans, ou faire lire à quelqu'un d'autre. Des lettres qui resteront, même après toi. Ton héritage de souvenirs.
Et tes lettres, à toi, comptent.
La charte
Des lettres vraies. Chaque lettre raconte un moment que j'ai vécu et ce que j'ai ressenti. Je ne parle pas de la vie des autres à leur place.
Personne n'est nommé. Aucun prénom, aucune initiale, aucun lieu précis. Les enfants ne sont jamais nommés. Mes proches apparaissent parfois dans mes lettres, mais toujours au second plan : c'est mon histoire que je raconte, pas la leur. Et quand une lettre parle d'eux de trop près, je leur demande leur accord avant de la publier.
Rien qui blesse. Pas de méchanceté, pas de racisme, pas de propos religieux, pas de jugement sur les gens ni sur leur façon de vivre. On peut écrire sa colère ou sa peine sans jamais viser personne.
Des sujets lourds, écrits avec soin. Certaines lettres évoquent des moments difficiles, et certains extraits de livres abordent des thèmes durs. Je ne les édulcore pas, mais je ne cherche jamais à choquer.
Les auteurs d'abord. Chaque extrait de livre est court et toujours accompagné de son titre et du nom de son auteur. L'idée est de te donner envie de lire le livre, pas de le remplacer.
LisPourquoi n'est pas un lieu de soin. Écrire aide, mais ça ne remplace pas un accompagnement. Je lis tes messages, mais je ne peux pas y répondre comme le ferait un professionnel. Si tu traverses une période difficile, parle à ton médecin ou appelle une ligne d'écoute.
Voir les lignes d'écoute
143 en Suisse (La Main Tendue) · 3114 en France · 0800 32 123 en Belgique · 988 au Canada
En cas d'urgence : 144 en Suisse · 15 ou 112 en France · 112 en Belgique · 911 au Canada