Pourquoi, mais pourquoi

Période : mai 2023Contexte : le diagnostic à 21 semaines

Lettre à : moi-mêmeÉmotion : angoissée

Lis pourquoi, à 21 semaines de grossesse, j’ai compris que plus rien ne serait comme prévu.

Nous arrivons à l’hôpital, mon mari et moi, après ce qui vient d’être découvert lors de l’échographie morphologique.

Je me présente à la réception de la maternité et j’explique pourquoi je viens. On me prend tout de suite en main et on m’installe dans une salle d’auscultation.

Je répète la raison de ma venue. Le médecin m’écoute, me confirme que ce passage est nécessaire, et m’annonce qu’on va refaire les contrôles pour être sûre.

Je suis calme. Silencieuse. J’écoute, simplement. J’attends le verdict. Je crois que ça surprend un peu le corps médical.

Mais je suis comme ça : quand la situation est délicate ou dangereuse, je me tais et j’écoute.

Qu’est-ce qui va se passer ensuite ? Je ne suis qu’à 21 semaines. Le terme est prévu pour mi-septembre. C’est tôt, beaucoup trop tôt.

Dans ma tête, une seule question tourne en boucle : pourquoi, mais pourquoi ?

Le médecin revient. Le col est ouvert sur toute sa longueur. Il faut intervenir — poser un cerclage pour le refermer.

Aucune garantie sur sa tenue : une semaine, trois mois, personne ne peut le dire. C’est mon corps qui décidera.

Et l’alitement, jusqu’à l’arrivée des filles. Ne plus porter, ne plus monter les escaliers, ne plus sortir en voiture. Rester couchée. Attendre.

Je demande si j’y suis pour quelque chose. Le médecin est formel : « Vous n’y êtes absolument pour rien, ça arrive. »

Je l’entends. Et pourtant la culpabilité vient quand même, malgré moi. Et l’angoisse monte avec elle.

La lettre précédente : Je n’avais rien senti

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